lundi 9 juin 2008
dimanche 8 juin 2008
Cubic
vendredi 6 juin 2008
jeudi 29 mai 2008
Classes sociales, rapport à l'apparence.
"Le corps est une machine vivante qui, soumise à différents facteurs, se métamorphose. L'activité physique, la sédentarité ou l'alimentation influent sur le corps (musculature, obésité…). Notre morphologie initiale est donc amenée à évoluer et à changer sous l'effet de facteurs extérieurs. Ces facteurs peuvent être en corrélation avec la profession exercée, à savoir si le métier que l'on exerce est plutôt physique et d'extérieur ou statique de type bureaucratique. On déduit alors facilement que certains profils d'individus correspondent à une catégorie socioprofessionnelle particulière. Si on remonte à l'époque du moyen âge, on constate que le tiers-état constitué de paysans ou d'artisans offrait un profil particulier (peau marquée, bronzé et musclé) dû à l'activité physique d'extérieur qui était loin d'être celle de la noblesse. La sédentarité, l'abondance de nourriture et les activités d'intérieur ont forgé aux nobles une corpulence plutôt imposante souvent proche de l'obésité. C'était par conséquent le corps idéal de l'époque et outre l'aspect vestimentaire le signe distinctif le plus révélateur du statut social.
Si l'on divise ainsi la société, c'est-à-dire les classes populaires d'un côté, les classes privilégiées de l'autre, il apparaît une considération et une structure du corps totalement différentes, voire opposées. Dans le premier cas, le corps est avant tout un outil de travail sur lequel il faut pouvoir compter. Cet instrument doit être robuste et fonctionnel. C'est une machine qui doit fournir un certain rendement ; l'apparence de celle-ci n'est guère une priorité ni même un souci. A l'inverse pour des catégories sociales plus élevées, le corps est loin d'être l'outil principal au travail. Les domaines professionnels sont basés sur l'intellect et non sur l'aspect manuel, ce qui implique donc un tout autre rapport au corps. Un besoin de stimulation, de relation avec ce dernier s'impose presque naturellement. Dans un premier temps il est question d'entraînement physique dû au manque quantitatif d'activité, mais aussi qualitatif (besoin de perceptions organiques, expression des sensations), puis dans un second temps, il s'agit de valoriser le corps par la grâce, la beauté, la forme physique, caractéristiques fondamentales du corps idéal.
Le temps et l'évolution socioculturelle modifient la silhouette de l'idéal corporel. Ainsi dans la deuxième moitié du XXème siècle, le sport est devenu une distraction pour la bourgeoisie. Le sport lui-même transforme le corps en instrument et place le sportif dans le cadre des rapports de production et de consommation. On lui attribue aussi des fonctions idéologiques comme le renforcement de l'ordre établi par son caractère intégrateur et optimiste, de même que par l'identification aux champions modèles d'idéal, d'effort et de maîtrise physique. La pratique sportive devient par ce biais très prisée socialement, elle donne une certaine vision du corps : minceur, élégance, musculature visible… Selon son idéologie (1977-1979), " le corps perçu est essentiellement un produit socioculturel et le rapport au corps propre ne tiendrait pas directement à l'image que nous en renvoie autrui, mais à certains modèles du corps légitime qui régissent l'évaluation de cette image en fonction de la position du sujet dans la structure sociale. L'expérience du corps (et corrélativement de sa beauté) serait foncièrement liée à de telles catégorisations et à l'inculcation d'un certain habitus. Le modèle esthétique du corps concerne tout un ensemble de sentiments et de jugements de la beauté. "*. C'est une des évolutions socioculturelles qui donne une nouvelle identité à l'idéal corporel attaché aux classes sociales. A ce stade précis débute une quête d'identité et de socialité dans un projet spécifiquement esthétique. Remarquons tout de même qu'il y a une relation au corps plus attentive pour les classes sociales privilégiées qui valorisent la grâce, la beauté et la forme physique. Le corps par les valeurs qu'il incarne est promu au titre de signifiant de statut social. L'intérêt fébrile que nous portons au corps n'est nullement spontané et libre, il répond à des impératifs sociaux."
Si l'on divise ainsi la société, c'est-à-dire les classes populaires d'un côté, les classes privilégiées de l'autre, il apparaît une considération et une structure du corps totalement différentes, voire opposées. Dans le premier cas, le corps est avant tout un outil de travail sur lequel il faut pouvoir compter. Cet instrument doit être robuste et fonctionnel. C'est une machine qui doit fournir un certain rendement ; l'apparence de celle-ci n'est guère une priorité ni même un souci. A l'inverse pour des catégories sociales plus élevées, le corps est loin d'être l'outil principal au travail. Les domaines professionnels sont basés sur l'intellect et non sur l'aspect manuel, ce qui implique donc un tout autre rapport au corps. Un besoin de stimulation, de relation avec ce dernier s'impose presque naturellement. Dans un premier temps il est question d'entraînement physique dû au manque quantitatif d'activité, mais aussi qualitatif (besoin de perceptions organiques, expression des sensations), puis dans un second temps, il s'agit de valoriser le corps par la grâce, la beauté, la forme physique, caractéristiques fondamentales du corps idéal.
Le temps et l'évolution socioculturelle modifient la silhouette de l'idéal corporel. Ainsi dans la deuxième moitié du XXème siècle, le sport est devenu une distraction pour la bourgeoisie. Le sport lui-même transforme le corps en instrument et place le sportif dans le cadre des rapports de production et de consommation. On lui attribue aussi des fonctions idéologiques comme le renforcement de l'ordre établi par son caractère intégrateur et optimiste, de même que par l'identification aux champions modèles d'idéal, d'effort et de maîtrise physique. La pratique sportive devient par ce biais très prisée socialement, elle donne une certaine vision du corps : minceur, élégance, musculature visible… Selon son idéologie (1977-1979), " le corps perçu est essentiellement un produit socioculturel et le rapport au corps propre ne tiendrait pas directement à l'image que nous en renvoie autrui, mais à certains modèles du corps légitime qui régissent l'évaluation de cette image en fonction de la position du sujet dans la structure sociale. L'expérience du corps (et corrélativement de sa beauté) serait foncièrement liée à de telles catégorisations et à l'inculcation d'un certain habitus. Le modèle esthétique du corps concerne tout un ensemble de sentiments et de jugements de la beauté. "*. C'est une des évolutions socioculturelles qui donne une nouvelle identité à l'idéal corporel attaché aux classes sociales. A ce stade précis débute une quête d'identité et de socialité dans un projet spécifiquement esthétique. Remarquons tout de même qu'il y a une relation au corps plus attentive pour les classes sociales privilégiées qui valorisent la grâce, la beauté et la forme physique. Le corps par les valeurs qu'il incarne est promu au titre de signifiant de statut social. L'intérêt fébrile que nous portons au corps n'est nullement spontané et libre, il répond à des impératifs sociaux."
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